Ils vont partir pour la grande aventure, ces héros des temps modernes. Je ne trouve pas les mots pour décrire ce que je ressens, là, maintenant, tout de suite.

Je regarde en direct les bateaux qui s'avancent vers la ligne de départ. Je vous les visages radieux de ces marins qu'on délivre enfin de leurs amarres. Le paradoxe d'un départ qui marque la fin d'une longue, très longue préparation, et le début d'une course.

Je regarde la foule, j'écoute un peu les commentaires, mais surtout je suis subjuguée par les visages de ces skippers hors norme. Je ne peux m'empêcher de faire un imbécile parallèle avec ma petite expérience de la voile. Il est notoire pour mes proches que j'ai le trouillomètre à zéro quand je dois quitter le pont au-delà de force 6, le visage fermé, des noeuds dans l'estomac ... presqu'une épreuve jusqu'à prendre le rythme du vent, de la mer, des voiles, du bateau.

Ils me narguent avec leur sourire ultrabrite, leur sérénité, leur bateau si parfait et soudain je pleure. Des larmes d'émotion, d'envie, d'angoisse, d'appréhension, de peur, de joie.

Billet court, le départ est dans moins de deux heures, j'ai besoin de m'immerger, de partir un peu avec eux, de les accompagner, de vivre l'instant.

Le Vendée Globe.