Ca faisait quelques temps que je tournais autour. Plusieurs mois que j'avais fait un constat. Un moment que j'en avais envie. Depuis peu tous les voyants étaient au vert. Je n'avais plus de crème de jour et enchainais les différents échantillons stockés dans un tiroir. J'étais presqu'au bout de mon démaquillant. Dés qu'il me manquait un peu de sommeil, j'avais mauvaise mine, ma peau devenait de plus en plus réactive, moche, terne, le teint brouillé, j'utilisais de plus en plus l'anti-cerne et depuis peu du fond de teint.

J'ai été biberonné à la crème Nivéa, la classique, celle qui pègue quand maman m'en mettait le matin avant d'aller à l'école notamment l'hiver. Financièrement émancipée, je me suis fait plaisir, hantant les rayons des parfumeries, vers les grandes marques, celles qui m'envoyaient du rêve, un peu de luxe et beaucoup de promesses. J'ai traqué les articles annonçant les crèmes confidentielles, utilisées par les stars que j'ai acheté ... pour en être. J'ai essayé le bio par lubie. Je suis allée faire un tour dans les rayons des pharmacies pour me racheter une conscience et un peu de crédibilité. J'ai acheté sur un coup de tête, un coup de blues, un jour de grisaille. J'ai béni internet qui m'ouvrait les portes des docteurs américains, le naturel australien, des onguents japonais. J'ai parfois pris une crème par intuition, pour son pot qui allait faire joli dans la salle de bain, parce que j'étais convaincue que c'était celle qu'il me fallait.

Je fume, dors parfois peu, parfois pas du tout, d'autres beaucoup. Je me démaquille si j'ai envie. Rouspète quand les traces de mascara ne partent pas sur les taies d'oreiller. Je peux me faire un gommage avec un produit fait pour le corps, si j'ai décidé d'en faire un et que je n'en ai pas un spécifique pour le visage. Je fais un masque quand j'y pense. Mais tous les matins je mets une crème hydratante.

Cela étant je considère que j'ai une bonne peau, disons qu'elle est de bonne composition compte-tenu du peu d'hygiène cosmétique dont je la gratifie. Malgré la quarantaine je n'ai pas de rides et me demande parfois si j'ai des cernes ou des poches. Dans le doute j'achète des contours pour les yeux qui font les deux, appliqués quand j'y pense, quand j'ai le temps, quand je prends le temps, quand je n'ai pas ou peu dormi. Je ne fais quasiment jamais de soins en institut esthétique. Déjà j'ai du mal avec la plupart des esthéticiennes rencontrées, et la dernière fois, le Mâle a trouvé que j'avais mauvaise mine alors que je m'étais faite tripatouiller les papouilles pendant 2 heures.

Depuis quelques temps, j'étais bien décidée à aller voir un dermatologue pour en finir avec mes turpitudes cosmétiques. Traiter le fond plutôt que mon égo. Acheter celle qu'il me fallait, dont ma peau avait besoin et que mon épiderme me réclamait à pores ouverts.

Mais comme on ne se refait pas. Joëlle m'a fait de l'oeil. Je ne me souviens plus des circonstances de la première rencontre. Internet, une revue ? Elle réunissait tous mes critères : crème onéreuse pour conserver mon standing auprès de mon banquier, vendue chez Colette pour mon côté snob, utilisée par quelques stars pour en être encore, formulations naturelles pour ne pas me fâcher avec Daniel, la dame est biochimiste dite épidermologue pour justifier le tout.

Ca faisait un moment que ça trottait dans ma tête. Un jour j'ai failli remplir un panier virtuel sur le site Colette. Et puis je n'ai pas su quoi prendre, quoi choisir. Qu'à cela ne tienne une épidermologue vend la marque à Saintes en Charente-Maritime.

J'avoue j'ai prémédité. La semaine dernière je pars en déplacement sans échantillons de crème de jour. Mardi je fais un crochet à Saintes. Juste 2 fenêtres sur la rue avec quelques affiches et le nom "Joëlle Ciocco" en grand confirment que je suis au bon endroit. Je sonne à la porte de l'immeuble. M'avance jusqu'à la porte indiquée au rez-de-chaussée. Je suis accueillie par une élégante femme avec seau et serpillère à la main. Elle s'excuse, je suis loin de me formaliser pour si peu. Je lui explique que je suis venue pour acheter les produits de la marque Joëlle Ciocco. Elle de me répondre qu'elle ne vend les produits qu'à ses clientes qui font un soin chez elle : le soin lui permet de voir la peau, de la connaitre et de "prescrire" les produits adaptés.

Qu'à cela ne tienne je prends rendez-vous pour le vendredi suivant.

Le jour J, j'arrive à l'heure, je suis installée, couverte et plutôt que les questions communes de ses consoeurs :

-"Vous êtes en vacance ?"

- "Vous faites quoi comme métier ?"

- "Vous avez des enfants ?"

- "C'est quoi la marque de vos chaussures ?"

Elle m'a interrogé sur ma peau, ma santé, les éventuels traitements pris, mes habitudes alimentaires, ma routine cosmétique, les produits utilisés, mes antécédents chirurgicaux, ma contraception, mon âge, si je fume ... certes plus intime et indiscret mais apparemment beaucoup plus utile pour comprendre ma peau. Pas de jugements, pas de soupirs concernant mon non demake up. Elle m'explique, me parle, m'apprend.

Malgré un maquillage léger sans retouche dans la journée, le démaquillage a duré 30 minutes. Sans un mot, simplement elle m'a demandé de me concentrer sur ses gestes. Elle applique une succession de produits pour tester ma peau, la comprendre, connaitre ses réactions.

 Puis extraction des points noirs !

-"J'ai pas de points noirs moi Madame !"

- "Si si vous en avez mais ils ne se voient pas !"

- ????

- "Le démaquillage en profondeur, toute la gestuelle et le massage qui l'accompagnent m'a permis d'ouvrir vos pores."

Sans parler de la loupe grossissante et de la lumière crue ... je ne veux surtout pas voir ce qu'elle voit. Elle me questionne sur chaque imperfection, m'interroge sur une cicatrice ....

S'en est suivie une application de "pâte de Tolu".

-"Ne vous inquiétez pas, ça risque de chauffer, de piquer mais je reste près de vous".

Dans un premier temps je n'ai rien ressenti, puis ça a commencé à chauffer.

- "Ca chauffe un peu à tel et tel endroit"

- "C'est normal, ça agit et votre peau se défend". (je fais court les explications étaient beaucoup plus détaillées)

Puis plus rien, ma peau n'est apparemment pas une battante et a capitulé assez rapidement. Quelques minutes après, la bête me fait mentir et se fait sentir à quelques endroits bien spécifiques. Je n'ai pas trouvé la sensation particulièrement désagréable ou douloureuse.

Rinçage et c'est parti pour une succession d'applications et toujours la gestuelle, les massages.

Le tout dans une atmosphère calme, un peu de musique en fond, ses mots pas pour ne rien dire, elle m'explique un peu son parcours : elle a travaillé avec Joëlle Ciocco pendant des années, avant de se rapprocher de sa famille et créér son propre institut. Elles sont deux en province à s'être établie, autorisées à pratiquer les soins et vendre les produits Joëlle Ciocco. La deuxième est à Aix en Provence. Beaucoup de douceur et de précision dans les gestes, presque de l'amour. Ces gestes qui vous amènent à croire que vous êtes sa cliente préférée, un être unique, qu'elle ne pratique ces mouvements que pour vous, qu'elle communie avec votre visage.

La séance terminée elle me demande de me relever doucement, de rester assise quelques secondes avant de me lever pour me rhabiller.

Je suis une grande pragmatique, doublée d'une incorrigible cartésienne, mais j'ai vraiment ressenti que ma peau respirait, comme si elle était oxygénée. Plus curieux, j'ai ressenti une sensation étrange au niveau des paupières que je ne saurais décrire, disons comme un lifting. Je lui en parle. Elle me répond que c'est normal car j'ai eu droit à un drainage lymphatique du visage et du cou.

Je passe devant un miroir, me regarde ... je ne me connais pas une telle mine sans maquillage, je souris. Je suis détendue, sereine, les traits lisses, la peau rebondie, repulpée comme ils disent.

Je lui pose quelques questions. Non je n'ai ni poche, ni cerne ... youppie et malgré que je fume je n'ai pas le teint gris et brouillé ce qui la surprend d'ailleurs.

Elle me propose les produits qui me conviennent et dont j'ai besoin. Sans aucun caractère obligatoire. Elle annonce les prix ensuite on prend sa décision. J'ai même lu qu'à Paris chez Joëlle Ciocco, si on le souhaite, ils indiquent des produits alternatifs aux leurs qu'on peut acheter en pharmacie.

Dans son cas, je ne sais pas, puisque la question ne s'est pas posée.

Ma routine ?

3 produits et c'est tout. Le but : rééquilibrer ma peau.

Pour le démaquillage du soir. Uniquement le soir.

 

Après le démaquillage du soir en tonique. Le matin après un léger rinçage de la peau.

 

Crème à appliquer le matin et le soir, contours des yeux compris.

 

Et c'est tout. 3 produits pendant 3 mois. Point à la ligne.

La méthode Ciocco, repose entre autres sur le fait de procéder à un démaquillage minutieux le soir et uniquement le soir. Elle fustige le fait de démaquiller sa peau le matin, elle considère qu'on la décape et qu'on détruit l'équilibre de la peau.

Donc le soir :  2 minutes de massage minimum avec le lait onctueux capital. Rinçage à l'eau claire avec deux éponges. On sèche la peau en tapotant doucement avec ses doigts.

Ensuite application aux doigts de la lotion lactée, tapotements doux, jusqu'à ce que la peau soit sèche (rien n'est plus doux que ses propres doigts selon elle et bannit l'usage de coton).

Et pour finir une pression de régulateur actif, avec effleurements, massages et tapotements adaptés.

Le matin : Passage des éponges humides sur le visage, Lotion lactée et Régulateur actif.

Et  c'est tout.

Elle me rappelle les gestes à effectuer, me demande de ne rien faire le soir même, pas de maquillage, pas de démaquillage.

Je rentre chez moi satisfaite.

Le lendemain, je suis ses conseils. Ma peau est incroyablement douce, pas de rougeurs après la douche, pas de tiraillement. Le fait de rincer la peau avec les éponges, fait qu'il est très rapide de la sécher juste en tapotant doucement avec la paume des mains et la pulpe des doigts. Idem pour la Lotion lactée. Quant à la crème "Régulateur actif", une simple pression suffit, elle est un peu longue à pénétrer, mais rien de bien chronophage non plus. La peau est souple, lumineuse.

Le démaquillage du soir est une partie de plaisir. Les produits ont un parfum agréable et léger notamment de fleur d'oranger.

Cela fait donc 48 heures que je carbure aux produits Ciocco : je suis épatée par l'état de ma peau et sa transformation quasi radicale en si peu de temps.

Bien entendu, que je m'étais rendue compte que quand je me démaquillais plusieurs soirs d'affilée, le teint était plus frais le matin, mais jamais à ce point.

Pour l'heure je suis ravie, je ne néglige pas le fait que l'effet du soin agit encore, alors rendez-vous dans 3 mois pour un bilan sans concession au terme de cette "prescription".